Juda est-il le seul à avoir trahi Jésus ?

Prédication de Fiona Baudouin, le dimanche 12 mai 2024

Quand Jésus n’est pas là… les apôtres dansent ! Judas s’achète un champ, Pierre s’improvise chef de bande, et tous ensemble décident de s’en remettre au hasard pour choisir leur nouveau compagnon… Le tout à un moment très particulier de notre année chrétienne. Jésus vient de partir. Ou devrais-je dire : Jésus vient de repartir. D’abord, il était parti, comme on remet son esprit… son corps froid déposé dans un tombeau, où il reposa trois jours. Mais le troisième jour, des femmes commencèrent à proclamer dans toute la Galilée que Jésus-Christ était ressuscité. Revenu parmi nous, mais seulement pour mieux repartir vers son Père. Nous l’avons célébré jeudi dernier. Mais avant de partir, Jésus fait une promesse à ses disciples, c’est juste avant le passage que je viens de vous lire :
« Vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit ». (Actes 1, 5) Pourquoi ? « Pour que vous soyez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre », dit Jésus (Actes 1, 8). La promesse est là, mais elle n’est pas encore réalisée.
Les disciples sont dans l’attente, et quant à moi, je ne vous dirai pas quand l’Esprit viendra. Mais à la question de savoir si oui ou non la Pentecôte est simplement un week-end prolongé… je réponds que non. Non, il est bien des chrétiens et des chrétiennes qui fêtent en ce temps-là la venue de l’Esprit. Et si vous regardez vos calendriers, vous saurez que ce jour n’est pas aujourd’hui. En ce dimanche 12 mai, Jésus n’est plus là. Et l’Esprit non plus n’est pas encore là. Mais les apôtres, eux, sont bien là. Et je vous le garantis, chacun, dans cette prédication, en prendra pour son grade. Et je commencerai, par celui que nous connaissons plus ou moins bien, au moins par son nom ou au moins par sa trahison, j’ai nommé : Judas.

I- La mort de Judas l’impardonnable
Entre le jour de l’ascension et le jour de la Pentecôte, nous sommes dans l’attente. Nous sommes avec les disciples. Nous sommes dans une chambre, au dernier étage d’une maison. Nous sommes des hommes, nous sommes des femmes. Et comme bien souvent quand nous nous retrouvons, nous jasons, nous cancanons, nous gossipons. Nous nous échangeons des nouvelles, et parmi celles de la semaine : la terrible mort de Judas.
Cette mort a suscité bien des passions au sein de nos traditions. La Bible elle-même nous en livre deux versions : chez Matthieu, Judas embrasse Jésus pour le désigner aux autorités romaines venues pour l’arrêter. Jésus est emmené pour être jugé et condamné. C’est alors que Judas, pris de remords, rend l’argent aux chefs des prêtres et aux anciens avec qui il avait comploté. Puis il se pend, après la condamnation de Jésus. Mais dans le récit des Actes, on nous livre une tout autre histoire : Judas, après avoir acheté son champ avec l’argent de sa trahison, meurt dans un terrible accident.

Comment interpréter l’existence de ces deux versions ?
Certains ont fait de Judas l’instrument de la démonstration de la puissance de Dieu. Il fallait, disent-ils, que Judas trahisse pour que soit manifestée la gloire de la résurrection. Mais il nous faut bien admettre que cette thèse est plus facile à défendre dans le récit de la pendaison de Matthieu… On y découvre alors un Judas repenti, qui finalement ne supporte pas sa trahison. Est-elle devenue une mission trop difficile à assumer ? Ou a-t-il bel et bien trahi, puis regretté son baiser ? Nous pourrions lui accorder le bénéfice du doute, parce qu’il regrette et que son geste mortifère semble prouver la vérité de ses regrets. Dans notre texte en revanche, Judas achète un champ avec l’argent du complot, et meurt accidentellement. Aucune trace de remords sur la terre de sang. Est-ce la marque de la trahison jusqu’au bout ? Ou Judas était-il tellement en paix avec lui-même, qu’il est mort sans remords, et avec le sentiment du devoir accompli ? Pierre dans son discours nous dit que « Judas a délaissé sa place, pour aller à celle qui était la sienne ».  Cette place du traître : était-ce une mission ? Un devoir ? Ou une fatalité ? Judas a-t-il été appelé par Dieu pour trahir Jésus ? Ou a-t-il été appelé par un autre Dieu : celui de l’argent, dont le destin était la mort ? Le texte nous donne un indice, dans sa description particulièrement violente de la mort de Judas. Si la trahison avait été une mission divine, peut-être notre récit aurait été plus clément avec lui… Peut-être que le récit lui aurait accordé la décision de mourir, ou au moins un petit regret… Mais il n’en est rien. Ce n’est apparemment pas le Dieu de la vie ni le Dieu de la résurrection ni le Dieu de Jésus-Christ qui appellent Judas ici… Mais il semble bien que ce soit la mort elle-même, qui se charge de Judas. Nous en avons ainsi un tableau haut en couleur, parfaitement illustré avec une description picturale du drame. On ne demandait pas tant de détails, et pourtant, le texte prend vraiment le temps de nous raconter l’événement. Et il ne nous épargne rien. D’abord pour qu’une histoire soit bien dramatique, il faut planter le décor. Et notre auteur le fait : on a une petite parcelle de terre, que Judas a achetée avec le salaire de sa trahison. On le verrait presque, debout, devant sa maisonnée, mains sur les hanches, contempler le terrain qui est désormais le sien. Quand soudain, tout au bout du champ, il aperçoit quelque chose. Il traverse à la hâte pour aller voir, se prend les pieds dans un trou, et s’éventre contre un caillou ou un rocher pile au mauvais endroit. Voilà Judas éventré sur sa petite parcelle d’heureux propriétaire, acquise avec l’argent tâché du sang de son ancien Maître. Voilà Judas éventré sur sa terre qui boit désormais son sang. L’événement est d’autant plus violent, qu’il est un véritable choc pour les disciples qui l’ont connu, qui en ont vent, et qui le rapportent.

Le choc est doublement grand, car, d’abord, Pierre rappelle que cette terre où Judas est mort était celle du salaire de l’injustice. Pierre ne parle pas simplement de trahison, il va plus loin. Ce qu’a fait Judas est parfaitement injuste. Il n’aurait pas dû en être ainsi. Il n’aurait jamais dû acheter cette terre, parce qu’il  n’aurait jamais dû trahir Jésus. Pierre n’est pas juste en colère, il est dans le désarroi de celui qui accuse encore le coup, après avoir subi le mal. Pierre ici le dit sans détour, ce qui a été vécu n’est pas juste. Telle est la réalité ici des disciples, dont le Maître a été injustement et arbitrairement livré. Jamais il n’aurait dû en être ainsi pour eux. Et le choc est d’autant plus grand que cette injustice a été commise par l’un des leurs. Pierre le dit bien : « Judas était l’un des nôtres, et il avait part au même service que nous ». Judas était des nôtres, il faisait partie de la bande, des disciples, des élus. Il a pris part au même ministère avec les autres, celui de suivre Jésus, d’être témoin de ses merveilles et d’y participer. Judas était des nôtres, il nous a trahis, et maintenant il n’est plus là.
Les disciples accusent le coup. Judas laisse un vide : une place vacante, un champ abandonné et sinistré. Pierre le rappelle bien : que sa demeure soit laissée à l’abandon et que personne n’y habite. En effet, comment remplacer un frère perdu ? Même si c’est un frère avec lequel on s’est fâché, même si c’est un frère qui a commis une injustice irréparable. Judas reste et demeure irremplaçable, de même qu’il demeure impardonnable pour les disciples qui n’ont pas eu le temps d’accepter la trahison de leur frère, pas plus qu’ils n’ont eu le temps de la lui pardonner, car à peine Jésus reparti, Judas s’est brutalement retiré du monde des vivants.

II- La trahison de Pierre et de ses critères
Judas a trahi Jésus, et c’est impardonnable. Le texte nous le montre en lui faisant payer très cher cette trahison. Mais après l’épouvante, un vent de soulagement souffle sur Jérusalem. C’en est fini des trahisons. Plus personne ne plantera son couteau dans le dos de Jésus. Ce serait beau ! Ce serait beau que la trahison ait pris fin si tôt dans l’Histoire de l’Église, et que depuis le premier siècle nous ayons toutes et tous été fidèles à l’Évangile de Jésus-Christ. Mais je suis désolée si je vous l’apprends. Cela n’a pas été le cas. Ni dans l’histoire du christianisme, ni même dans l’histoire du protestantisme. Il y a eu d’autres trahisons.

Et le premier à trahir de nouveau, c’est Pierre. À peine venons-nous de régler le problème de
Judas, avec une mort violente et choquante, et devant une assemblée d’hommes et de femmes
encore sous le choc, Pierre, à son tour, profite du trouble pour lancer une idée. Peut-être faudrait-il
remplacer le traître ? Maintenant qu’il est mort. Et comment alors ? Comment remplacer Judas ?
Pierre propose trois critères :
– Il faut que ce soit un homme qui remplace Judas.
– Il faut qu’il ait connu Jésus du premier jour de son baptême jusqu’au dernier jour où il est
remonté au ciel vers son Père.
– Et enfin, il faudra que ce soit Dieu qui désigne parmi les candidats le bon successeur.

Trois critères. Et, pour moi, trois objections à faire.
D’abord, il faut que ce soit un homme. Pourquoi ? Pourquoi un homme ? Pour celles et ceux qui aiment le grec, je vous confirme que le texte n’utilise pas le mot homme avec un grand « H » pour en fait dire être humain. Le texte parle d’un homme, d’un mâle. Et Pierre insiste vraiment là-dessus ; « Hommes, frères, » c’est comme ça qu’il commence son discours. Il ne dit pas « frères et sœurs », il ne dit pas non plus « mesdames, messieurs » ni « citoyens, citoyennes ». Il dit : « Hommes, frères ». Pourtant, nous le savons, il n’y a pas que des hommes dans cette maison. Le texte nous l’a dit, il y a aussi des sœurs. Il y a Marie la mère de Jésus et il y a des femmes. Dont certes on ne nous dit pas exactement qui elles sont, mais dont on prend le temps de nous dire qu’elles sont là. Mais Pierre, qui se lève au milieu de toutes et tous, ne choisit de s’adresser qu’aux hommes. Je répète ma question : pourquoi ? Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Je n’ai pas la réponse, mais je sais que ce n’est pas au nom de Jésus-Christ. Et il nous faut toutes et tous faire très attention à ce livre dont nous nous réclamons et que nous appelons Bible. Et nous devons être encore plus prudents avec le trésor que nous y trouvons qui s’appelle l’Évangile. Et nous replongeant dans les paroles de Jésus-Christ, nous ne pouvons entendre ce premier critère de Pierre sans trouver à redire. Car Jésus-Christ n’est pas celui qui ne parle qu’aux hommes. Bien au contraire, il appelle des hommes et des femmes à le suivre, il guérit des hommes comme il guérit des femmes, s’occupe des fils comme des filles. Il est celui qui dit à Marthe, qui s’agace dans sa cuisine que sa sœur Marie ne vienne pas l’aider… Il est celui qui lui dit : c’est ta soeur Marie qui a raison de rester avec moi pour écouter. N’en déplaise donc à certains chrétiens, Jésus n’est pas celui qui exclut loin de lui la moitié de l’humanité. Pierre qui se lève, qui décide de se la jouer entre hommes, sans nous dire vraiment pourquoi et qui l’énonce simplement comme une évidence… il faudrait que quelqu’un parmi nous se lève, pour lui dire : cette évidence n’est pas l’évidence de ton Maître. C’est vrai, que c’était plutôt une évidence pour l’époque. Évidence du temps du Ier siècle, mais jamais ce ne fut l’évidence de Jésus.

Deuxième critère : il faut que ce soit l’un de ceux qui nous ont accompagnés, tout le temps durant lequel vint et revint le Seigneur Jésus, depuis le jour de son baptême par Jean jusqu’au jour où il a été enlevé loin de nous. Il faut donc être un homme, et avoir été avec Jésus du début jusqu’à la fin. Pierre réduit encore drastiquement le cercle de disciples possibles. Et on le réduit tellement, que même les apôtres ne sont plus éligibles. En effet, aucun des 11 qui cherchent à être 12 de nouveau, ne remplit ce critère. Dans nos 4 Évangiles, aucun des apôtres n’est présent lors du baptême de Jésus. Tous arrivent après dans l’histoire, soit ils sont appelés par Jésus, soit ils décident eux-mêmes de le suivre. Mais aucun des évangélistes ne nous rapporte qu’ils étaient là avant. Dans l’Évangile de Matthieu, Pierre fait partie avec son frère André, des tout premiers à être appelés. Ils sont dans leur barque de pêcheurs, et laissent tout pour suivre le Maître qui vient d’arriver en Galilée, et qui a déjà été baptisé par Jean-Baptiste dans le Jourdain. Chez Marc c’est le même scénario. Chez Luc, il faut attendre non seulement que Jésus soit baptisé, mais aussi qu’il ait commencé à prêcher à la synagogue et commencé à faire des miracles pour qu’il aille à la rencontre de ses premiers disciples. Chez Jean, c’est après avoir entendu le témoignage de Jean-Baptiste concernant Jésus que Pierre et son frère décident de le suivre, puis que d’autres les rejoindront.
Donc notre cher Pierre ne répond pas lui-même à sa deuxième condition.
Regardons maintenant, à la lumière de ces deux critères, si nos candidats peuvent remplacer Judas : Joseph Barsabbas, surnommé Justus et Matthias. A priori, ce sont des hommes : la première condition est donc remplie avec succès. Félicitations. Deuxième condition : ont-ils connu Jésus du début jusqu’à la fin ? A priori non. Puisque c’est la seule fois que nous les croisons dans la Bible. Si même les apôtres n’étaient pas là depuis le tout début… il est très vraisemblable que ces deux-là n’y étaient pas non plus. Et nous les rencontrons après le départ de Jésus. Et même s’ils ont ne serait-ce que rencontré une fois Jésus de son vivant… les textes n’en disent rien.
À ce stade donc, nous pouvons affirmer sans crainte que les critères de Pierre ne fonctionnent pas. Voyons désormais, si l’ultime critère rattrape un peu les choses… Car nous avons maintenant deux nouvelles recrues possibles : Justus et Matthias.Mais pour rejoindre les 11, encore faut-il être celui choisi par Dieu. C’est le sens de la prière qu’ils font : « Toi, Seigneur, qui connais le fond de tous les coeurs, montre-nous lequel de ces deux-là tu as choisi pour prendre la place dans ce service et la mission, que Judas a délaissée pour aller à la place qui est la sienne. »
Et ils décident de tirer au sort. Une question s’impose, Dieu procède-t-il par tirage au sort ? S’en remet-il au hasard ? Que signifie tirer au sort ? C’est une pratique courante à cette époque, nous en avons des attestations dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. C’est un rite traditionnel par lequel se fait connaître la volonté divine. Mais ici, tout en reprenant un motif connu et habituel, notre auteur le décale très légèrement. Ce n’est pas Dieu dans le texte qui désigne Matthias, c’est le sort qui tombe sur lui. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias.

III- Les vrais critères pour vivre en disciple du Christ
Que faire alors de ces critères ? La clef est chez Pierre. Elle est dans la plus grande contradiction de ce texte. Celle que fait Pierre lui-même quand il nous parle de la mort de Judas. En citant le livre des Psaumes, il nous dit : Que sa demeure soit laissée à l’abandon et que personne n’y habite. Si on le prend métaphoriquement : laisser la maison de Judas à l’abandon signifie laisser Judas là où il est. C’est-à-dire mort. Judas est mort, il a commis l’irréparable, et il reste impardonnable. Mais Pierre ne s’arrête pas là, tout de suite il ajoute une nouvelle citation : Qu’un autre prenne sa charge ! Il faut remplacer Judas, métaphoriquement raser sa maison et en construire une nouvelle sur la terre de sang. Hakeldamah, comme l’appellent maintenant les habitants de Jérusalem. A priori, ces deux affirmations sont contradictoires. D’un côté, il faut laisser un vide, de l’autre, il faut le combler. Que fait Pierre ici en réalité ? Entend-il allumer l’étincelle entre deux camps qui s’affronteraient pour savoir si oui ou non il faut remplacer Judas ? Ou essaye-t-il de nous dire autre chose ?
Pierre cite les Écritures. Et ces citations ne disent pas du tout la même chose. Peut-être parce que Pierre ne s’arrête pas à la lettre. D’ailleurs, les psaumes ne parlent pas vraiment de Judas, et Pierre le sait. Mais en les mettant face à face, Pierre exprime sa douleur et sa colère, mais aussi son espoir et son pardon. Après le choc, le deuil, Judas était l’un des nôtres,
voici la vie de nouveau. Qu’un autre prenne sa charge !
Comme après la mort de Jésus, il y a la résurrection, après la mort de Judas, Que sa demeure soit laissée à l’abandon, il y a une place de libre pour un ministère à vivre. Judas était un traître, il a acquis une terre avec le salaire de l’injustice, mais il a le droit au pardon, sa place n’est pas maudite pour toujours, qu’un autre prenne sa charge ! La mort n’est pas victorieuse, même pour Judas. La vie reprend le dessus pour Pierre, même si cela contredit ce qu’il vient de dire. C’est la vie finalement qui a le dernier mot, même si elle va à l’encontre d’un texte. Même si elle reprend là où le sang a coulé.

Entre ces deux bouts de psaumes, Pierre nous livre en fait le seul critère pour être disciple. Le vrai critère. D’une part, et d’abord, nous tenir dans ce monde tel qu’il est, aussi atroce soit-il. En faire partie, aussi rouge et gorgée de sang la terre puisse-t-elle être. Il y a l’horreur de la mort dans ce texte, et la communauté de chrétiens et chrétiennes qui est en train de se former n’est pas montée dans la dernière chambre d’une maison pour la fuir. Bien en contraire, la violence du monde est regardée dans les yeux, on en parle, on la partage, on accuse le coup. On ne nie pas la réalité des drames. Judas est mort, d’une mort atroce, que sa demeure soit laissée à l’abandon.
Non, on ne peut pas effacer comme ça l’horreur; il nous faut contempler, abasourdis, ce spectacle effroyable.
Mais, d’une autre part, Pierre nous appelle à la vie.  Qu’un autre prenne sa charge !
Dans le monde, aussi terrible soit-il, comme dans le témoignage de l’Évangile, une place est vacante. Une charge. Une seule. Car, chacun, chacune, est appelée par son nom.
Pas parce que nous cochons les critères de Pierre, mais parce qu’au milieu de ce monde, nous
voulons suivre le Christ. Au milieu de ce monde et de toute son horreur, nous voulons dire qu’un autre chemin est possible, et qu’il existe déjà.
Nous ne foulerons pas la terre de sang, nous tracerons une voie à côté pour passer. Pour traverser la terre, avec ses joies et ses misères. Et il y a une place pour chacune et chacun ici-bas.
Nous prêcherons l’Évangile, et avec lui nous dirons à ceux qui croient qu’une femme n’a pas sa
place dans l’Église, que nous ne sommes pas d’accord.
À ceux qui disent : « bien fait pour Judas ! » , que nous ne sommes pas d’accord.
Nous dirons à ceux qui estiment que certaines vies valent plus que d’autres que nous ne sommes pas d’accord.
Et que certains valent moins que rien, que nous ne sommes pas d’accord.
Et sans cesse, nous redirons, ici, que notre Seigneur est celui qui mange à la table des parias, des
pécheurs et des infréquentables. Qu’il est dans les ghettos, sous les bombes et avec les enfants.
Que partout où l’un de nous souffre, qu’il soit juif, musulman, athée ou chrétien, Partout où l’un des enfants de l’humanité souffre, Jésus est toujours sur la croix.
Oui sans cesse nous redirons à ce monde, que ce Jésus-Christ
Est le seul Seigneur.
Amen.

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