Apprendre à s’émerveiller

Lecture Biblique : Psaume 8

 

Eternel, notre Dieu !

Que ton nom est magnifique sur toute la terre !

 

Toi qui te rends plus éclatant que le ciel.

Par la bouche des enfants, des nourrissons,

Tu as fondé ta force à cause de tes adversaires,

Pour imposer le silence à l’ennemi et au vindicatif.

Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes mains,

La lune et les étoiles que tu as mises en place :

 

Qu’est-ce que l’homme (mortel) pour que tu te souviennes de lui ?

Et le fils de l’homme (être humain) pour que tu prennes soin de lui ?

 

Tu l’as fait de peu inférieur à un dieu,

Tu l’as couronné de gloire et de splendeur.

Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,

Tu as tout mis sous ses pieds,

Moutons et chèvres, bœufs tous ensemble,

Et même les bêtes sauvages,

Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,

Tout ce qui parcourt les sentiers des mers.

 

Eternel, notre Dieu !

Que ton nom est magnifique sur toute la terre !

Prédication

Un murmure gronde parmi les anges ! Pas un doux murmure de douceur et de gentillesse ! Non, non : un murmure de jalousie ! Les anges sont jaloux et ils veulent le faire savoir, à leur manière, au Père…

Les anges sont jaloux de l’être humain, envieux de nous !!  Et ça ne date pas d’hier. Déjà au moment de la création, quand Dieu dit aux anges « Faisons l’homme à notre image », déjà là, le murmure de jalousie parcoure l’assemblée des anges : « Mais qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce qu’il a de plus que nous pour que lui soit créé à l’image de Dieu et pas nous ? »

Et puis les hommes prennent en main leur vie et ce qui était prévisible arriva : Dieu regarde la terre. Et il voit qu’elle court à la catastrophe. La création qu’il avait trouvé si belle, s’émerveillant de son existence, se trouve maintenant au bord du gouffre. En effet, tous se conduisent de manière incroyablement désinvolte, prédateur de la nature et de ses richesses, n’hésitant pas à spolier ses frères et sœurs pour asseoir son pouvoir, sa place au soleil. Alors Dieu dit à Noé : J’ai décidé d’en finir avec les humains. Le monde est rempli de violence à cause d’eux. Je vais donc les détruire avec la terre. (Genèse 6, 5-8)

Imaginez le murmure de satisfaction des anges : « Tu vois, on te l’avait bien dit qu’il ne méritait pas d’être à ton image ».

Mais Dieu change d’avis et il décide de sauver Noé : Maintenant je ne maudirai plus le sol à cause des humains. C’est vrai, leur cœur désire faire le mal dès leur jeunesse. Mais je ne détruirai plus tout ce qui est vivant comme je viens de le faire… (Genèse 8,21) Sans aucune condition en échange, Dieu fait alliance avec tous les vivants : L’arc-en-ciel est le signe de l’Alliance que je fais entre moi et tous les êtres vivants qui sont sur la terre. (Gen 9,17). Alors les anges se remettent à murmurer leur question : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? ».

Et puis, il y a eu cette fameuse histoire du Sinaï ! Passe encore que Dieu décide de libérer les Israélites de l’esclavage en Egypte. Passe encore qu’il décide d’en faire son peuple élu (Qu’est-ce qu’il a bien pu leur trouver pour les choisir du milieu de nulle part ?? Il ne pouvait pas se choisir plus glorieux comme peuple élu ? Je ne sais pas moi : les égyptiens, les babyloniens, les assyriens, les grecs, les romains, les américains ? mais qu’est-ce qu’il lui a prit ? Enfin, bon…) Mais qu’il donne ses 10 Paroles à Moïse pour conduire le peuple vers la liberté, alors là, trop c’est trop ! Pourquoi ce favoritisme ? Pourquoi Dieu n’a pas donné ces 10 commandements aux anges : ils sont fidèles eux ! Pas comme ces êtres humains orgueilleux qui se détournent de Dieu à la première occasion ! Et toujours cette question, lancinante, insistante : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? »

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience des anges, c’est quand le Père décide de donner son Fils aux humains. Que Dieu en personne s’incarne, prenne un corps d’homme pour venir, en personne, offrir son amour aux humains, ça c’est trop fort : « Mais qu’est-ce que l’être humain pour que tu prennes soin de lui ? ».

Alors cette fois, les anges ont décidé de faire connaître leurs protestations au Père et comme on fait une pétition, ils ont écrit le Psaume 8…

Mais Seigneur notre Dieu, qu’est-ce qu’il a cet homme pour que Toi, dans toute ta Gloire et toute ta Majesté, tu prennes soin de lui comme ça ? Ne peux-tu pas lui dire au moins d’ouvrir un peu les yeux et de relever la tête pour qu’il regarde autour de lui au lieu de se regarder le nombril comme un orgueilleux qu’il est ? Ne peut-il pas ouvrir les yeux ? Il verrait que tu es partout présent, magnifique sur toute la terre, plus éclatant que le ciel.  Qu’il ouvre enfin grand les yeux et qu’il admire ! Qu’il arrête de faire le malin et qu’il laisse monter en lui ce sentiment si fort d’émerveillement et de gratitude devant l’évidence.

Qu’il regarde au-dessus du ciel : il y verra la splendeur de Dieu et son nom est magnifique !

Qu’il regarde le ciel, œuvre de ses mains, la lune et les étoiles qu’il a mises en place, l’immensément grand, les myriades d’étoiles et de galaxies… Qu’il regarde Andromède, qu’il regarde HD 8574 D dernière exoplanète découverte, qu’il regarde les super trous noirs, les ondes gravitationnelles, le rayonnement fossile : il y verra l’immensité de Dieu et son nom magnifique !

Qu’il se regarde lui-même ! Qu’il regarde l’homme, le fils de l’homme, le nourrisson, le tout-petit, le petit Léon, qu’il ouvre les yeux sur le miracle de la vie que nul ne peut reproduire, fabriquer, breveter. Qu’il sonde l’infiniment petit, la physique quantique et ses mystères étonnants : il y verra la grâce de Dieu et son nom magnifique

Qu’il regarde sous ses pieds, la vie animale qui grouille, la vie végétale qui persiste, incroyable de diversité y compris dans les abysses, dans le noir complet, le froid intense ou dans les volcans sous-marins : là encore, c’est son nom magnifique qu’il verrait comme une évidence… Tout vient de toi, Seigneur et tout va vers toi, comme une perle au milieu d’un écrin.

Et lui, cet être humain que tu chéries tant, il ne s’en rend même pas compte, il se demande s’il peut croire en toi, s’il ose croire en toi, il t’accuse de ne rien faire pour le sortir de son malheur ou de sa détresse, il ose parler de ton silence : quel enfant gâté !!!! Laisse-le faire et bientôt il va te reprocher le réchauffement de la planète, la faim dans le monde, les guerres et les conflits, la mort des enfants sous les bombes et les femmes battues…

Le Psaume 8 résonne comme une interpellation forte lancée à la face des orgueilleux. A tous ceux qui sont pleins de leur vie, sûr d’eux-mêmes et de leurs richesses… Ceux qui ne se posent jamais de question. Ceux qui pensent pouvoir construire leur vie tout seul, sans les autres, sans se confronter à la différence et surtout sans Dieu. Vous savez les présomptueux qui ne se posent jamais la question du sens de leur vie tellement ils sont occupés à accumuler richesses, honneurs et pouvoir…

A cause de tous ceux-là, les anges en appellent au Père en lui disant : « Mais laisse-les tomber puisqu’ils veulent vivre sans toi, puisqu’ils sont assez fous pour vouloir se couper de la source de la vie… Mais laisse-les tomber comme eux t’ont laissé tomber !

Mais l’Eternel leur répond et c’est cette réponse du Psaume 8 que je voudrais vous laisser aujourd’hui comme une Parole d’Evangile d’une puissance infinie. Dieu répond, à l’intérieur même de ce Psaume. Et ce n’est plus un mouvement qui descend depuis le ciel jusqu’au fond de la mer mais un mouvement qui relève la tête, qui redresse les yeux, qui remet debout, un mouvement qui ressuscite. Ecoutez plutôt la réponse que Dieu fait aux anges pour les guérir de leur jalousie. Voilà ce qu’il leur dit : « Il me suffit de la louange d’un petit, d’un bébé, d’un enfant. Il me suffit de la parole de confiance d’un seul qui se sait fragile, petit, vulnérable et sans pouvoir. Il me suffit d’une parole d’amour, d’un sourire de bonheur, d’une main tendue, d’un repas parmi des SDF. Il me suffit de la parole d’un seul comme celle d’un inconnu visitant pour la première fois le temple au cours de l’accueil du jeudi midi : « Vous savez Monsieur le pasteur, je crois en Dieu moi. C’est vrai, vous savez, il faut me croire vraiment, je crois en Dieu et ça m’aide pour vivre… »

Il me suffit d’une seule jeune qui ose témoigner le jour de sa confirmation : « J’ai aujourd’hui 16 ans et un jour et je peux dire que je suis proche de Dieu. Ne me demandez pas pourquoi… Je ne sais surtout pas comment vous l’expliquer sans passer pour une folle. Je lui parle souvent. Bien sûr, il ne me répond pas directement mais je reçois ses réponses dans la vie de tous les jours à travers mon quotidien. J’ai toujours été proche de Dieu depuis toute petite. »

Il me suffit, dit l’Eternel notre Dieu, d’une seule de ces paroles de confiance pour fonder ma puissance en face de mes adversaires et pour réduire au silence mes ennemis vindicatifs qui, sans cesse, luttent contre moi pour faire échouer ce projet de beauté et de vie que je porte sans relâche depuis la création du monde. Il me suffit de la louange d’un bébé pour résister, pour mettre une limite au malheur et à la violence, pour vaincre le mal, pour m’opposer au pouvoir de la mort. Parce que moi, je suis un Dieu qui choisit les choses folles du monde pour confondre les sages, les choses fragiles pour confondre les fortes (1 Corinthiens 1,27-28)

Quand tu regardes le ciel, la lune et les étoiles, tu te demandes qui est ce petit Léon, si petit, si fragile pour que je me soucie de lui ? Et bien vois-tu, je l’ai fait à mon image, presque un Dieu. Je l’ai couronné de gloire comme on dépose une perle de grand prix au milieu d’un écrin, je l’ai déposé au centre de ma création, je lui ai tout donné : il est ce que j’ai fait de mieux. Et moi je lui ai tout donné pour relever celui qui se sait fragile.

Quelle merveilleuse déclaration d’amour. Je n’en connais pas de plus belle. Dieu est amoureux de nous. Aujourd’hui, je comprends la prière de Jésus qui dit au Père : « Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre de ce que tu as cachés ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants, aux tout-petits… » (Matthieu 11,25)

Voilà l’essentiel « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il est la vie éternelle. »

Oui vraiment, je te loue Père.

 

Amen

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Pasteur de l’Eglise Protestante Unie du Saint-Esprit

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