Il était une fois à l’Ecole Biblique…

C’est sans doute au début de l’année scolaire 1974-75 que le pasteur Philippe Bertrand me proposa de devenir monitrice à l’école biblique. A l’époque, elle avait lieu chaque semaine, le mardi de 17h30 à 19h. Les enfants arrivaient de leur école ou de leur collège, excités comme un sac de puces et résolus à se défouler ! Ils étaient répartis en cinq groupes suivant leur âge .
Madame Oberkampf s’occupait des plus jeunes . Elle savait les passionner en inventant toutes sortes de manipulations pendant lesquelles elle faisait passer le message biblique du jour. Elle fut ,avec Malou Bertrand, le pilier de l’école biblique et des années plus tard, quand ils avaient tout oublié(!!!!….), ils se rappelaient avec émotion ce qu’ils avaient appris avec elle. Après être passés par les groupes de plusieurs monitrices, parmi lesquelles Yolande d’Albis, Annick Cargill, Hélène Parrot et d’autres encore, ils parvenaient au mien et, conscients d’être “les grands”, ils étaient persuadés que cela les autorisait à chahuter!

L’école commençait par une demi-heure de culte conduit par Philippe Bertrand. Il tâchait, sans en avoir l’air, de savoir ce que les enfants avaient retenu de la leçon précédente et introduisait celle qu’on allait développer dans les groupes. Il y avait une prière et Madame Oberkampf leur apprenait un cantique.
Ensuite,chacun allait dans son groupe tandis que le pasteur accueillait dans son bureau les catéchumènes de 1ère année. Le nombre d’enfants dans les groupes variait entre six et dix suivant les années car s’y joignaient plusieurs enfants protestants de l’Ecole Bilingue.

Le programme de l’année commençait par une séquence longue, jusqu’en février, sur un personnage de l’Ancien Testament : Abraham, Moïse, David… Puis à partir de mars, on entamait une séquence plus courte sur le Nouveau Testament : un évangile, les Actes, un thème commun aux quatre évangiles, comme la Passion, etc.. Je m’efforçais de rendre vivantes ces vieilles histoires en leur faisant faire soit une bande dessinée, quand il y en avait qui maniaient le crayon avec dextérité, soit un journal ou chacun avait un article à écrire, mais j’avais soins, au début, de leur partager une baguette de pain avec du chocolat, afin de pouvoir prendre la parole pendant qu’ils avaient la bouche pleine !
Mais, deux à trois semaines avant Noël, le programme était interrompu par les répétitions du jeu de Noël, concocté par Madame Oberkampf et le pasteur. Elles se déroulaient dans un chahut indescriptible qui nous
épuisait et nous faisait craindre le pire pour la représentation devant les parents.
Pendant longtemps Denise Fauvarque vint courageusement leur apprendre les chants de Noël, puis ce fut Luise Kisselevski qui sut les calmer en leur faisant rythmer leur chant par un instrument à percussion qui ne produit qu’une note : il leur fallait être très attentifs pour le frapper au bon moment.

Quand le pasteur Jean-Arnold de Clermont arriva en 1994, il décida de créer une année de pré-catéchisme pour les sortir d’un enseignement scolaire et “protestanto-biblique”. Il voulait leur apprendre à réfléchir par eux-même et à se rendre compte que d’autres religions existaient. Il voulu bien me confier le groupe et je dois dire que j’ai beaucoup aimé cette période. Une année,nous leur avons fait découvrir les religions depuis l’Egypte
antique jusqu’à la Réforme en passant par les traditions africaines. Certaines séances se déroulaient au musée et, à la fin, nous résumions chaque religions sur une affiche, bientôt les murs des salles de paroisse en furent couverts ! Nous avons aussi réfléchi sur les récits fondateurs comme la Création ou le Déluge à travers le monde.

Au début de ce siècle,François Clavairoly poursuivit la même politique et Françoise Vitaux vint me prêter main-forte. Les enfants nous demandèrent, pour débuter ce nouveau siècle, une histoire du Christianisme et nous nous sommes débrouillées pour changer de support à chaque épisode : film, documents photographiques, quiz, visite de la mosquée, de l’institut Saint-Serge, etc..
Mais deux ou trois ans après ,estimant que j’avais fait mon temps, j’ai abandonné la charge à Chantal Martrenchar.

Sans doute, il y aurait d’autres choses à raconter, mais ce n’est qu’un témoignage et non un récit exhaustif.

Annette Estienne

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Un commentaire

  • Que c‘est touchant de traverser grâce à vous, chère Annette, toutes ces années, dont plusieurs ont vu nos trois enfants également aux groupes du catéchisme. En plus, vous avez su faire remonter tant de souvenirs et nous les transmettre ou nous les faire revivre d’une façon extrêmement vivante!
    En questionnant à l’époque mes enfants:
    « Qu’est-ce que vous aimez le plus au catéchisme? »
    Sans hésitations voilà la réponse bien délicieuse:
     »Le gouter chocolaté, que Mme Estienne nous offre chaque mardi soir! »
    Il était vraiment BON, le catéchisme.

    Merci encore et encore…à vous et toutes ces merveilleuses équipes!

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