Quel est donc ce lien qui nous manque tant aujourd’hui ?

Culte interactif du 20 mars 2020 – Texte biblique : Jean 15,1-17

Musique

J.S Bach, concerto en la majeur pour hautbois d’amour ; BWV 1055, Allegro Moderato
Céline Moinet au hautbois d’amour

 

Ouverture

  • Prier – Méditer – Lire la Bible – Réfléchir ensemble
  • Interagir en direct et échanger grâce à la technologie (Émile, Irène et Anne-Laure)
  • Lien avec le thème :
    • Méditation vidéo du mercredi :
      • Quant à nous, frères, séparés de vous pour quelques temps, loin des yeux mais non du cœur, nous avons un tel désir de vous revoir que nous avons redoublé d’efforts pour y parvenir. (1 Thessaloniciens 2,17)
      • De fait, ce lien qui nous unit est fondamentalement un lien spirituel indispensable à notre survie. En vérité, l’heure est venue pour nous – et c’est maintenant – d’en prendre pleinement conscience
    • Étude biblique de vendredi sur 1 Co 13 : ce lien qui nous unit sans que l’on puisse se voir ?
    • Mettre ce culte sous la lumière de ces versets du dénommé Qohéleth, dit l’Ecclésiaste 4,7-12 (NBS)

 

Volonté de Dieu

Je ne veux pas que tu sois seul.
Je ne veux pas que tu sois seul
A porter un bonheur trop grand, un chagrin trop lourd.
Je ne veux pas que tu sois seul
Pour jouir de la beauté des choses,
Pour cueillir les fleurs de la terre, et ses fruits.
Je ne veux pas que tu sois seul
Pour supporter la peine de la vie,
Sa souffrance, toujours plus proche qu’on ne pense,
Comme le nuage monte à l’horizon.
Je veux être avec toi, auprès de toi.
Pour que tu admires la moisson des blés,
La récolte des pommes, la cueillette des roses,
Pour que tu puisses chanter la grandeur de la création,
Sa lumière et sa diversité ;
Avec toi, pour agir. Avec toi, pour rêver.
Je veux être avec toi, aussi,
A l’instant fatal de l’accident,
A l’heure terrible du malheur,
Au moment brutal où tu reçois les coups de la vie
Je veux être avec toi et que tu ne sois pas seul
En ce temps de confinement,
Quand tu ne peux plus sortir de chez toi
Quand tu te retrouves enfermé
Et que l’angoisse et la peur
risquent de prendre le dessus sur ta volonté
Comme je te l’ai promis,
Je veux être avec toi, tous les jours, jusqu’à la fin du monde,
Non pour t’empêcher de tomber,
Mais pour que, jamais, tu ne restes par terre.
Pour que, toujours, tu puisses te relever, redresser la tête,
te remettre en route, avec moi, auprès de moi,
blessé mais vivant.
Telle est ma volonté pour ta vie, Parole de Dieu.

 

Lecture : Psaume 133

Qu’il est bon d’être ensemble !
1Chant pour ceux qui montent à Jérusalem, de David.
Oui, il est bon, il est agréable
pour des frères d’être ensemble !
2C’est comme le parfum de l’huile précieuse
versée sur la tête du grand-prêtre Aaron ;
elle descend sur sa barbe,
puis jusqu’au col de son vêtement.
3C’est comme la rosée
qui descend du mont Hermon sur les montagnes de Sion.
Car c’est là, à Sion, que le Seigneur
donne sa bénédiction, la vie, pour toujours !

 

Intermède musical : Jérôme Ladhuie au piano

 

Méditation

Bonhoeffer, De la vie communautaire
Cet écrit se présente comme un témoignage de ce que Dietrich Bonhoeffer a vécu avec les jeunes candidats au ministère pastoral du séminaire de Finkenwalde entre 1935 et 1937. A l’automne 1938, une année après la fermeture du Séminaire par la Gestapo, le grand théologien écrit ainsi cette sorte de compte rendu spirituel

Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, il ne va pas de soi, pour un chrétien, qu’il puisse vivre parmi d’autres chrétiens. Jésus Christ lui-même a vécu au milieu de ses ennemis. Finalement tous ses disciples l’ont abandonné. Sur La Croix, il s’est retrouvé seul entouré de malfaiteurs et de moqueurs. (…)

De même, le cadre de la vie du chrétien n’est pas la solitude du cloître, mais le camp même des ennemis. C’est là qu’il a sa tâche, son travail. (…)

Si donc dans la période qui va de la mort du Christ au dernier jour, des chrétiens peuvent vivre avec d’autres chrétiens dans une communauté déjà visible sur la terre, ce n’est en fait que par une sorte d’anticipation miséricordieuse du Royaume à venir. C’est Dieu qui, dans sa grâce, permet l’existence dans le monde d’une telle communauté, réunis autour de la parole et du sacrement. (…)

Certes, cette grâce de la communauté que l’isolé considère comme un privilège inouï, et facilement dédaignée et foulée aux pieds par ceux qui en sont chaque jour les objets. Nous oublions vite que la vie entre chrétiens est un don du Royaume de Dieu qui peut nous être repris chaque jour, et que nous pouvons d’un instant à l’autre être précipités dans la solitude la plus totale. Il faut donc que celui à qui il est encore donné de connaître cette grâce extraordinaire en loue Dieu de tout son cœur, le remercie à genoux et confesse : c’est une grâce, rien qu’une grâce ! (…)

Nous devons apprendre à remercier Dieu tous les jours pour la grâce qu’il nous accorde en nous plaçant dans une communauté chrétienne, quelle qu’elle soit. Il se peut qu’elle n’ait rien d’extraordinaire à nous offrir. Il se peut qu’elle se distingue plutôt par beaucoup de faiblesse, par beaucoup de difficultés intérieures et très peu de foi ; qu’importe ! (…)

Dieu ne nous donne pas son Église pour que nous mesurions continuellement sa température. Il nous la donne pour que nous l’en remercions chaque jour, et c’est dans la mesure où nous saurons le faire qu’elle deviendra de jour en jour plus forte et plus nombreuse selon le bon plaisir de son Seigneur. (…)

 

Discussion avec les participants

(…)

 

Texte biblique : Jean 15,1-17

Moi je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. 2Il enlève tout sarment qui, uni à moi, ne porte pas de fruit, mais il taille, il purifie chaque sarment qui porte du fruit, afin qu’il en porte encore plus.

3Vous, vous êtes déjà purs grâce à la parole que je vous ai dite. 4Demeurez unis à moi, comme je suis uni à vous. Un sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans être uni à la vigne ; de même, vous non plus vous ne pouvez pas porter de fruit si vous ne demeurez pas unis à moi.

5Moi je suis la vigne, vous êtes les sarments. La personne qui demeure unie à moi, et à qui je suis unie, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. 6La personne qui ne demeure pas unie à moi est jetée dehors, comme un sarment, et elle sèche ; les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. 7Si vous demeurez unis à moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et cela sera fait pour vous.

8Voici comment la gloire de mon Père se manifeste : quand vous portez beaucoup de fruits et que vous vous montrez ainsi mes disciples.

9Tout comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai obéi aux commandements de mon Père et que je demeure dans son amour.

11Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. 12Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 15Je ne vous appelle plus serviteurs, parce qu’un serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous appelle amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. 16Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné une mission afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Alors, le Père vous donnera tout ce que vous lui demanderez en mon nom. 17Ce que je vous commande, donc, c’est de vous aimer les uns les autres.

 

Méditation

Ce lien qui fonde l’Église

Le fait que vous soyez venus vous connecter ici ce matin pour partager ce culte interactif, signifie que, de fait, il y a un lien qui existe entre nous. Un lien qui dépasse et transcende la distance (venus d’un peu partout), qui surmonte les obstacles et qui traverse les confinements : un lien passe-muraille.

Étonnement : nous avons besoin de ce lien. Parce qu’il nous fonde, nous sentons qu’il nous manque en ce moment. Au moment où nous nous retrouvons isolés, nous ressentons la morsure du manque, de la rareté, de son importance pour que nos vies soient belles…

D’où vient ce lien qui nous unit ?

1 Corinthiens 12,1-11

  • L’Esprit comme source et origine de notre foi “personne ne peut dire Jésus est le Seigneur! sinon par l’Esprit (v.3). Si nous sommes ici, c’est parce que nous sommes chrétiens (bon ou mauvais, ce n’est pas le problème). Et si nous sommes chrétiens, c’est par l’Esprit.
  • L’Esprit qui nous anime : force intérieure, moteur qui nous bouge et qui nous met en route vers l’inconnu. Ruah’ en hébreu = la gorge, là où passe le souffle de la vie. C’est donc l’esprit qui nous fait vivre : notre vie n’est pas seulement ni même principalement biologique, elle est avant tout spirituelle.
  • L’Esprit qui nous relie : c’est un lien qui transcendance et dépasse notre vie isolée d’individu confiné : plus grand que nous puisqu’il nous unit tous dans un Corps que nous appelons l’Église. L’esprit donne une unité, un sens dans la diversité des fonctions, des vocations, des missions, des formes et ministères dans l’Église : il nous permet de ne pas nous sentir éclatés, éparpillés, isolés même si nous ne nous voyons pas les uns les autres, nous appartenons les uns aux autres. Par lui nous faisons CORPS les uns avec les autres.
  • Éphésiens 2, 19-22 … vous faites partie, vous aussi, de la construction pour devenir avec tous les autres, la demeure que Dieu habite par son Esprit (Temple du St Esprit) ; Nous sommes intégrés dans une construction qui signifie la solidité, la permanence, l’emprise au sol. Thématique de la souveraineté de Dieu ? retrouver une veine calviniste, réformée…

Reliés à qui ?

Avec qui ce lien spirituel est-il établi ? Entre nous directement ?

Non. Il se peut qu’on ne se connaisse pas, il se peut qu’on soit en conflit les uns avec les autres et qu’on ne s’aime pas vraiment. Il se peut que les Églises chrétiennes soient en concurrence…

Le lien établi par l’Esprit est un lien avec le Christ et uniquement par la foi en Christ. Si nous sommes reliés entre nous c’est uniquement parce que nous croyons (chacun à notre manière) que Jésus est le Seigneur et le Sauveur. Ce qui fonde l’Église par-delà toutes les frontières, les barrières, les distances imposées ou réelles, c’est notre lien avec le Christ. Moi je suis la vigne, vous êtes les sarments. La personne qui demeure unie à moi, et à qui je suis unie, porte beaucoup de fruits car sans moi vous ne pouvez rien faire. C’est ce lien-là qui est essentiel à notre relation. C’est ce lien-là qui nous rend responsables les uns des autres. C’est ce lien-là qui fonde la vie communautaire : notre lien est spirituel et il nous relie au Christ comme le moyeux d’une roue relie chaque rayon de la roue, comme le soleil relie chacun de ses rayons.

Sommes-nous tous frères ?

  • Ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre maître, et vous, vous êtes tous frères (Mt 23,8 + Gal 3,26)
  • Nous sommes enfants de Dieu. Or si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ. (Rm 8,17)

Alors ce lien qui nous unit, est-ce qu’il faut l’appeler “fraternité” ? En fait, c’est un concept un peu flou, un mot valise qui met tout le monde d’accord tant qu’on n’y réfléchit pas… Pas besoin d’être chrétien d’ailleurs :

  • Passons sur ce que tout le monde sait : pas de plus grands conflits que dans les fratries… (Caïn et Abel, Jacob et Ésaü, Joseph et ses frères…) : l’amour fraternel n’est pas une évidence ! Dire qu’on est frère ne signifie pas forcément qu’on est en bons termes ni qu’on s’apprécie !! (d’où l’appel pressant de Jésus dans l’Évangile : le répéter si souvent dans son discours d’adieu signifie a contrario que cela n’a rien d’une évidence)
  • Passons aussi sur le fait que pour être frères, il faut au moins avoir le même Père, et donc se reconnaître comme appartenant à la même famille, s’inscrivant dans une même filiation. Il faut évoquer ici toutes les nouvelles parentalités : les familles recomposées, les familles monoparentales, les familles pathologiques incestueuses, les familles homoparentales… Si la paternité a du mal à se définir, la fraternité devient du coup beaucoup plus difficile à vivre, comme par contrecoup
  • “Yakafocon” nous devons être fraternels par devoir et par principe (contraire de singulier) une sorte d’universel sous forme de prescription absolue qui s’apparente à un impératif catégorique kantien “Nous sommes tous frères” : nous devons être fraternels parce que nous partageons tous de la même image : je me reconnais dans l’autre et je lui dois au moins le même respect que celui que j’ai pour moi. C’est un concept qui relève de l’économie du semblable (contraire de différent) : Charles Nicolle (1866-1936), qui fut professeur au Collège de France et directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, écrivait dans Destin des maladies infectieuses (1933) : “Il y aura donc des maladies nouvelles. C’est un fait fatal. Un autre fait, aussi fatal, est que nous ne saurons jamais les dépister dès leur origine. (…) La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables. Nous sommes aussi, à ce point de vue, quels que soient nos sentiments vis-à-vis d’eux, solidaires des animaux, surtout des bêtes domestiques.” Nous voilà dans le voisinage de St François d’Assise
  • Mais une autre manière de concevoir la fraternité a aujourd’hui le vent en poupe, apportant de l’eau au moulin des nationalismes et des populismes : Nous sommes frères parce que nous appartenons à la même communauté (la devise de la république) : c’est un concept politique du commun partagé : nous avons fait le choix de mettre en commun une identité, une culture, une manière de vivre, ce qui fait de nous des frères c’est la propriété commune qui exclut autant qu’elle inclut… (contraire de particulier) : on monte des barrières, on rétablit des frontières et on construit des murs pour se protéger de l’autre, de l’étranger, forcément dangereux. On se méfie des chinois (de tout ce qui a les yeux bridés)

Et la fraternité chrétienne ?

  • la fraternité pose un lien de parenté indéfectible / il y a entre nous un lien de famille parce que nous reconnaissons avoir le même Père (Notre Père) / En même temps, c’est un lien dissymétrique qui respecte la différence : parents-enfants ; aînés-cadets ; filles-garçons / des droits : héritage – droit d’aînesse / devoirs : responsabilité entre les générations – solidarité obligatoire – jeu de transmission – éducation
  • Si l’Église est une communauté fraternelle c’est qu’elle vit de la présence du Christ qui s’approche de chacun personnellement en tant que frère. A cause de lui, celui-ci qui prend la Sainte Cène avec moi est mon frère même si je n’ai rien en commun avec lui, même si je n’ai aucune atome crochu qui me rapproche de lui, même si je n’ai aucune histoire commune avec lui, même si je m’oppose à lui. Il est mon frère parce que le Christ s’est approché de lui comme il s’est approché de moi.

Sommes-nous tous frères et sœurs  ?

L’Évangile de Jean va beaucoup plus loin. Si le lien fraternel est une manière essentielle de parler de ce qui nous relie les uns aux autres, il n’est de loin pas le seul lien…

  • Amour : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34) C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous sauront que vous êtes mes disciples : éros (un amour désir qui dévore) et agapè (un amour spirituel au service de l’autre) / sacrement en tant que don de Dieu – grâce / fécondité (porter du fruit) / sentiment de communion – registre de l’émotion et de la joie (que votre joie soit parfaite) / pardon et promesse / engagement et parole donnée – fidélité /
  • Amitié : « Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jn 15,15) : égalité et symétrie / élection et choix / partage et soutien (Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père) / réciprocité et écoute /
  • Prochain : « Qui est mon prochain ? » (Luc 10,29) : s’approcher du différent / sollicitude et soutien / diaconie et entraide / écouter les besoins pour prendre soin de l’autre / attention à l’autre pour porter notre prochain par l’action autant que par la prière
  • Con-citoyenneté : « Vous n’êtes plus des étrangers ni des exilés; mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la maison de Dieu » (Eph 2,19-22) citoyens d’un Royaume qui n’est pas de ce monde / droits et devoirs / Église universelle / catholicité / engagement / institution / constitution / projet politique

Prendre soin du lien qui nous unit

  • Comment prendre soin de ce lien qui nous unit ? Comment et jusqu’où ?
  • Comme je vous ai aimés… imiter de Christ ? donner sa vie ? un amour radical, total, complet (1 Co 13 : il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout…)
  • Pour que votre joie soit complète, se mettre au service du plus petit d’entre mes frères : Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25,40)
  • L’amour des ennemis et du pouvoir de pardonner

En forme de conclusion (cf. « De la vie communautaire » de Bonhoeffer)

“Du fait que Jésus-Christ est son unique fondement, la communauté chrétienne n’est pas une réalité d’ordre psychique mais d’ordre spirituel. Elle se distingue par là de toutes les autres formes de communauté. Par « spirituel » la Bible entend : ce qui vient du Saint Esprit, lequel nous fait reconnaître Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur. Par « psychique » la Bible entend au contraire tout ce qui, dans nos âmes, est l’expression de nos désirs, de nos vertus et de nos possibilités naturelles. (…)

C’est que l’amour d’ordre psychique aime l’homme pour lui-même, tandis que l’amour d’ordre spirituel l’aime à cause du Christ. De ce fait, le premier est amené à chercher un contact direct avec l’être aimé sans respecter sa liberté ; il faut au contraire toujours qu’il le considère comme son bien, comme une proie à gagner par tous les moyens. Il se veut irrésistible, en un mot, il veut dominer. (…)

L’amour psychique est une convoitise et non pas un service. Il est convoitise là-même où il se donne toutes les apparences d’un service. (…)

Entre moi et mon prochain il y a le Christ. C’est la raison pour laquelle il ne m’est pas permis de désirer une forme de communauté directe avec mon prochain. (…)

Ce n’est pas l’expérience de la fraternité chrétienne qui nous maintient ensemble mais bien le fait que nous croyons fermement et vraiment à cette fraternité. (…)”

 

Discussion avec les auditeurs

 (…)

 

Intercession

Texte de Denis Heller, 19 mars 2020
En cette période inédite et insolite de pandémie, nous voilà Seigneur,
amenés à traverser l’épreuve du confinement et de l’isolement .

Préserve nous de la tentation du découragement, du recroquevillement,
du repli sur nous-mêmes, et du sauve-qui-peut.

Donne nous de savoir garder la tête froide et le cœur chaud,
de garder raison, de garder confiance, de garder humanité.

Que nos cœurs restent largement ouverts
aux besoins de nos proches, de nos voisins, des plus fragiles.

Nous pourrions être saisis
par la peur de lendemains incertains et par l’angoisse du vide.

Aide à nous à habiter pleinement le présent, en ta présence,
dans l’attention à ce qu’il convient de faire pour nous même et pour les autres.

Fais nous emprunter toujours et encore des chemins de vie ;
Donne-nous d’imaginer de nouvelles formes d’activités, de fraternité et de solidarité.

Nous te confions tous ceux que le virus a atteint sévèrement et qui luttent pour la vie, leurs familles inquiètes dans l’impossibilité de les entourer.
Nous te remettons le personnel soignant admirable de courage et de dévouement.
Renouvelle leur force.

Nous pensons à tous ceux que ce temps trouble et troublant, fragilise et angoisse.
Nous portons dans nos prières les personnes soucieuses de leur devenir, de leur revenu, de leur travail, de leur vie professionnelle, les entrepreneurs comme les salariés.

Nous intercédons pour ceux qui dans ces moments particuliers sont les premiers oubliés : les SDF, les plus précaires, les immigrés.
Prier pour eux, c’est à la mesure de nos moyens et de nos possibilités, agir pour eux, avec la force que tu nous donneras.

Que les jours à venir qui correspondent à la période de Carême, deviennent pour chacun l’occasion de se retrouver lui-même, devant toi, en vérité sur l’essentiel .
Que pour les couples et pour les familles, ce temps soit propice au partage, aux échanges, à l’écoute mutuelle.

Seigneur comme toute épreuve, celle-ci peut être négative ou positive.
Ne nous laisse pas entrer en tentation mais donne nous force et foi pour la traverser en restant debout dans la confiance.

Ensemble, liés les uns aux autres, malgré les distances qui nous séparent, nous te disons : NOTRE PERE ……

Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs  et vos pensées en Jésus-Christ. (Philippiens 4 v 7)

 

Intermède musical : Claire Oberkampf au violon

 

Annonces

  • Fleurs préparées par Luise
  • Offrande ? Mission Évangélique Parmi des Sans-Logis
  • Remerciements à Anne-Laure, Irène, Emile, Jérôme, Claire
  • Prochains rdv : mercredi – vendredi – dimanche

 

Envoi

« DEDANS » Poème de Bruno Ruiz, 18 mars 2020
Des patiences inouïes sont en nous.
Des fleuves attendent pour atteindre à nouveau la haute mer.
Nous avons la chance de nos abris.
Le regard qui porte si loin que la fenêtre n’est qu’un obstacle franchissable.
Je suis maintenant dans le couloir au milieu de l’intelligence des livres.
Je n’ai pas peur.
J’ai confiance aux lumières des hommes qui savent.
Le temps s’étire lentement entre deux portes que je referme.
J’ai vu que le printemps revenait doucement dans le jardin.
De vieilles certitudes s’écroulent inévitablement dans la radio.
Nous avions oubliés que nous étions faits pour vivre ensemble.
C’est le confinement qui nous le rappelle et nous y oblige.
L’homme n’a jamais cessé d’écrire derrière et devant les murs.

 

Bénédiction

Je serai avec toi
Si tu es fatigué, triste ou las
Ne te décourage pas
Sois-en sûr, je serai avec toi.

Dans la nuit, dans le noir,
Ces moments où tu as le cafard,
Tu peux compter sur moi,
Sois-en sûr, je serai avec toi.

Si t’as fait des bêtises
Si t’as honte, et que tu te méprises
Je ne te condamne pas,
Sois-en sûr, je serai avec toi.

Et quand tout ira mieux
Quand le soleil brillera dans tes yeux,
Si c’est moi qui t’appelle à moi,
J’en suis sûr, tu seras avec moi.

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Pasteur de l’Eglise Protestante Unie du Saint-Esprit

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