Église Universelle : chronique de janvier 2020

« Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Actes 28,2)

La Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens en 2020, nous permet de nous tourner vers deux lieux importants du monde méditerranéen. Malte et le Soudan. Les Eglises de Malte ont été chargées par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et le Conseil œcuménique des Eglises (Commission de Foi et constitution) qui en élaborent le processus, de proposer le thème de cette année. Quant au Conseil des Eglises du Soudan il est l’un des destinataires, avec l’Alliance Œcuménique pour la Révision de la Bible (AORB), des offrandes recueillies au cours des célébration de cette semaine (18 au 25 janvier).

 

Malte, île de la Méditerranée, a reçu la foi chrétienne grâce aux efforts de l’apôtre Paul, après le naufrage du bateau qui l’amenait à Rome. En Actes 27 et 28, nous pouvons lire le récit détaillé de la tempête terrible, du naufrage   « providentiel » et de l’accueil réservé ensuite aux 276 passagers qui ont tous pu rejoindre le rivage sains et saufs. Dans ce même passage du Nouveau Testament, le ministère de guérison de Paul à Malte est décrit brièvement.

Au cours de son histoire longue et mouvementée, Malte a été gouvernée tour à tour par les Carthaginois, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Normands, les Souabes, les Aragonais, les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean, les Français et les Britanniques. En 1964, Malte est devenue une nation indépendante au sein du Commonwealth. Et en 2004, elle a intégré l’Union européenne.

La foi chrétienne est profondément ancrée dans la culture des habitants de Malte et de son île jumelle Gozo. La po­pulation, qui compte actuellement près de 430 000 habi­tants, est en majorité catholique, mais on y trouve aussi des groupes nombreux de chrétiens issus d’autres traditions. Pour la population locale, l’œcuménisme n’est pas une expérience nouvelle. Se trouvant à un carrefour des civilisations, des reli­gions, du commerce et des migrations, les Maltais ont tou­jours été ouverts aux autres et particulièrement accueillants. Ils reconnaissent qu’une attitude d’ouverture aux différences qui existent actuellement entre leurs Églises leur permet d’ap­précier les richesses propres à chacune d’entre elles.

C’est dans la première moitié du xixème  siècle que com­mence une présence permanente et numériquement signi­ficative de membres d’autres Églises. La forte présence militaire et navale des troupes britanniques et de leurs aumôniers militaires a conduit à la construction de lieux de cultes appropriés et dignes pour les membres de l’Église d’Écosse (église Saint-André des Écossais, fondée en 1824 et achevée en 1857), de la Communion anglicane (pro-ca­thédrale Saint-Paul, fondée en 1839 et achevée en 1844), et de l’Église méthodiste (achevée en 1863).

Une communauté grecque orthodoxe a été fondée en 1816 par les Grecs et les Chypriotes qui vivaient à Malte. Depuis les années 1990, on assiste à une croissance expo­nentielle des membres des diverses Églises orthodoxes. La majorité d’entre eux sont des personnes venues d’Europe de l’Est pour trouver du travail à Malte, en particulier des Serbes, des Russes orthodoxes, mais aussi des Roumains et des Bulgares orthodoxes. Par ailleurs, un nombre important de fidèles orthodoxes appartenant aux Églises orthodoxes orientales, en particulier des Égyptiens, des Éthiopiens et des Érythréens, ont trouvé refuge à Malte après avoir fui les persécutions dans leur pays. Il en va de même pour quelques petits groupes de chrétiens orthodoxes venus du Moyen-Orient, en particulier de Syrie et d’Irak.

 

On comprend aisément à travers ces quelques lignes les raisons pour les quelles les Eglises de Malte ont proposé le thème de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens en 2020, autour du « témoignage d’humanité ».  

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Depuis l’indépendance du Sud Soudan en 2011 où se trouvent 60 % de chrétiens[1], les chrétiens du Soudan (du Nord) sont minori­taires (5 %)[2] dans un état islamique lui-même en proie à des graves difficultés politiques. Le Conseil d’Églises chrétiennes du Soudan regroupe des Églises anglicanes, catholique, copte, orthodoxe et protestantes. Il tente de soutenir et d’organiser des Églises et com­munautés fragiles, persécutées et divisées. C’est un signe d’espérance que cette nouvelle organisation se fasse dans l’unité.

 

 

[1] Population du Sud Soudan 12,5 millions dont 7 millions de chrétiens

[2] Population du Soudan 20,7 millions dont 2 millions de chrétiens

 

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