Le projet « morija » ou comment faire d’une pierre trois coups…

Avec l’accord du conseil presbytéral, voici ce qui a été proposé au cours du culte du dimanche 9 mars qui était célébré en commun avec la communauté coréenne Sonann et en même temps journée catéchétique. J’étais chargé de présenter ce projet. JAC.

Partons-en voyage pendant quelques instants. En république centrafricaine, qui comme son nom l’indique est au plein cœur de l’Afrique (« bêafrica » en sangho, la langue nationale).

C’est un pays grand comme la France et la Belgique réunies, avec 5 à 6 millions d’habitants. La capitale Bangui en compte 1,5 million. Elle est située sur le bord d’un fleuve magnifique, l’Oubangui. Je dis « magnifique » parce que nous avons vécu là, en famille, il y a 60 ans. J’étais pasteur de la paroisse de langue française, crée15 ans plus tôt, pour accueillir les protestants venus de pays voisins le Cameroun, le Congo ou un peu plus lointain comme le Togo. Et bien sûr des Centrafricains. Depuis la paroisse s’est développée, et elle est aujourd’hui principalement constituée de familles centrafricaines. Le pasteur qui m’a précédé, aumônier militaire pour toute l’Afrique centrale, lui a donné le nom étonnant d’Église protestante du Christ-Roi.

Il y a une dizaine d’année l’Église a décidé de lancer un programme d’annonce de l’évangile dans une zone totalement isolée, et pourtant à 18 km de Bangui. Là vivent environ 12 à 15000 personnes. L’Église a créé un temple pour réunir des familles tous les dimanches (il y a maintenant 100 personnes au culte) et, très vite, elle a créé une école primaire et maternelle… une classe nouvelle chaque année. L’école la plus proche est à 6 km, et les enfants pour y aller devaient marcher plus d’une heure… et en fait n’y allaient pas. Des membres de l’Église ont payé les constructions, et recruté les instituteurs, et cette école vient d’être classée comme la meilleure de l’arrondissement. Les parents des enfants ont été invités à payer pour l’école (environ 4 euros par mois) et pour le moment ils n’arrivent à payer qu’un peu plus de 5 mois sur 9 desfrais de fonctionnement… C’est un pays devenu très pauvre. Environ 80% de la population (en ville) n’a qu’un repas par jour. Comment faire pour pérenniser le projet ?

L’Église a eu l’idée de développer avec les parents des programmes leur permettant d’avoir des revenus (un élevage de porcs, une savonnerie et un atelier de couture). Et cela commence déjà à produire des fruits. Et nous là-dedans. Nous avons proposé un projet de soutien à « Morija ». C’est le nom donné au Temple du Km 18 (chacun se souviendra du récit du sacrifice d’Isaac et de la question de l’enfant à son père « Où est le l’agneau pour le sacrifice ? » Et Abraham de répondre :  « Dieu y veillera » « Dieu y pourvoira » et la montagne en a gardé le nom « Morija ». Genèse 22)

Pendant que la paroisse de Bangui investit pour mettre en place ces projets générateurs de revenus pour les familles, nous prenons le relais pendant 5 ans pour soutenir l’école, pour un total de 21000€. Le conseil presbytéral du Saint-Esprit a donné son accord pour initier le projet et il recherche trois ou quatre autres paroisses qui le porteraient avec lui. L’engagement est important. Mais nous devrions pouvoir en tirer un grand profit.

D’abord nous souvenir que depuis plus de 200 ans, les protestants français ont participé à l’annonce de l’Évangile notamment en Afrique, créé des Églises qui pour beaucoup sont devenues de grandes Églises, et ont souhaité restés en communion avec elles. C’est un signe important dans le monde divisé qui est le nôtre. Parler ici, de temps en temps, de Morija nous permettra de vivre dans cette communion qui dépasse les murs de notre paroisse ou de notre pays.

Et puis nous avons pensé qu’il était important que les enfants de l’école biblique découvrent cela de manière très concrète, en relation avec cette école primaire en plein cœur de l’Afrique. Les monitrices et le pasteur vont donc monter tout un programme de suivi de cette école et de la vie de cette petite communauté qui porte le nom « Dieu y pourvoira – Morija »

Dimanche, juste après moi le Pasteur Seong prenait la parole pour dire l’engagement de sa communauté pour apporter 1000€ par an pour le projet. Sur 5 ans il nous faut donc trouver 16000€ de plus. L’Eglise du Saint-Esprit s’est déjà engagée pour 1500€ et je ne doute pas que nombreux seront ceux qui auront à cœur de faire vivre ce projet.

Dès le dimanche 30 mars, nous ferons un pas de plus dans la compréhension de cette communion qui lie les Églises protestantes de France et les Églises qui sont nées de son engagement missionnaire. La pasteure Claudia Schultz, secrétaire générale de la communauté d’Eglises en mission (Cevaa) à laquelle appartient l’Église protestante du Christ-Roi viendra présider le culte rue Roquépine. Puis nous aurons avec elle un repas « tiré des sacs » pour comprendre les dimensions fortes de cette communauté d’Églises. Nous aurons en plus la présence du pasteur Rodolphe Gozegba, pasteur centrafricain qui a fait un doctorat en théologie à l’Institut protestant de théologie à Paris tout en étant stagiaire dans l’Église de la Confession d’Augsbourg (Église luthérienne d’Alsace -Moselle) et l’Église protestante unie de France.  Il pourra mieux que quiconque nous parler de la Centrafrique.

Et lors de la prochaine journée catéchétique, les enfants découvriront « morija »….

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