“Chercher un sens à tout ça” Méditation pour un temps de confinement.

« Ta parole est une lampe devant mes pas, une lumière qui éclaire mon sentier. » Psaume 119,105

Le confinement n’a pas créé le vide dans nos vies. Sans doute est-ce même le contraire qui se produit : trop de temps disponible, trop de promiscuité ou trop de solitude selon les cas, trop de messages contradictoires, trop d’experts qui nous disent quoi penser, trop de notifications, trop d’injonctions du gouvernement, des médias, des scientifiques, des bien-pensants, des réseaux sociaux… Là où nous avions des vies structurées, les choses se superposent maintenant et s’accumulent dans le même espace de confinement. Nous voilà submergés et tiraillés par des sentiments ambivalents, partagés entre :

  1. La volonté de prendre au sérieux les appels pressants voire désespérés des médecins et infirmières pour forcer les indisciplinés à rester chez eux ;
  2. La révolte outragée contre les insouciants, les égoïstes, les bravaches, autant que contre les vautours qui en profitent pour tenter de se faire un nom via des polémiques inutiles.
  3. L’excitation et la reconnaissance devant ce temps qui change les temps, ce kairos qui nous est offert telle une grâce dont nous ne mesurons pas toute l’ampleur mais qui peut tout changer : la prise de conscience des véritables priorités dans nos vies, la baisse drastique de la pollution du monde, la nouvelle politique qui considère la santé, l’éducation et le social comme des investissements prioritaires et non plus comme des déficits à combler, la possibilité de se retrouver face à soi-même et d’arrêter de fuir dans le bruit et la fureur de l’activité pour retrouver tout ce qui rend la vie belle et bonne par-delà les obligations qu’on se crée ; Avec une question en tête : Comment allons-nous faire pour mettre en œuvre des effets de cliquet qui nous empêcheront de revenir en arrière ?
  4. La ferme décision de ne pas se laisser manipuler par le flot ininterrompu d’informations en restant libres de penser par soi-même ;
  5. La compassion pour nos politiques portant sur le dos des responsabilités bien trop lourdes si elles ne sont pas soutenues par une légitimité démocratique forte : le moins que nous leur devons serait de les soutenir par la prière, la civilité, la reconnaissance et l’humilité.
  6. Une envie enfin, presque un besoin vital : chercher un sens à tout ça. Lequel ? C’est l’enjeu de cette semaine que de réfléchir à cette question du sens des événements que nous traversons.

Je forme le vœu que ce petit message vous donne à penser, à réfléchir, à trouver votre chemin. Je vous donne rendez-vous vendredi à 18h pour participer à notre étude biblique ainsi que dimanche à 11h pour notre culte interactif.

Je voudrais mettre toute la réflexion de notre semaine sous la prière de l’Épître aux Ephésiens au chapitre 1, les versets 17 et 18 : « Je demande au Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, au Père à qui appartient la gloire, de vous donner l’Esprit de sagesse qui vous le révèlera et qui vous le fera vraiment connaître. Qu’il ouvre vos yeux à sa lumière, afin que vous compreniez à quelle espérance il vous a appelés. »

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Comments

  1. marjolaine aurenche matray : mars 25, 2020 at 10:24

    c’est drole d’évoquer le “trop” :; moi j’etais plutot sur ce qui me manque… furtivement, pour réaliser tout ce que j’ai ; je n’ai pas mon thé préféré qui “d’habitude” me permet de démarrer la journée, pensé-je, mais je savoure alors le pain… aujourd’hui plus d’internet (à la campagne) alors moins de connexion, plus de concentration…

  2. Aldo GONZALEZ-PUEYO : mars 25, 2020 at 1:05

    Merci pour ce texte, super la baisse de la pollution, le calme, tout ce temps à organiser, peut être un nouveau départ … (Aldo, participant au groupe mensuel de lecture de Marguerat)

  3. PAPILLAUD SYLVAIN : mars 25, 2020 at 5:33

    Dans ces temps d’anxiété, je perçois un espoir et un changement dans la manière de voir les choses.
    Il n’y a pas encore si longtemps, lors des grandes crises sanitaires, la vie humaine ne comptait pas plus que cela. Seule comptait la pérennité de la société et de l’économie. Il n’était pas question de confinement, de chômage partiel ou de mesures barrière.
    Cette façon de voir les choses ne date pas des temps immémoriaux. C’était hier, y compris en France.
    Aujourd’hui, tout est loin d’être parfait dans la gestion de la crise par les gouvernements. Et beaucoup de questions devront être éclaircies par la suite.
    Mais il semblerait (j’emploie avec prudence le conditionnel) que chaque vie humaine soit devenue un enjeu et que la vie, en générale, soit mieux considérée.
    Et plus le temps passe et plus chacun a la possibilité de réaliser que nous dépendons tous les uns des autres.
    Ce sont peut-être les points positifs auxquels il faut se rattacher dans cette crise qui concerne toute l’humanité.

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