CHRONIQUE ÉGLISE UNIVERSELLE – Mai 2019

« Un écheveau de relations ».

J’avais le projet de vous présenter un ‘organigramme’ des relations qu’un membre de l’Eglise protestante unie du Saint-Esprit entretient avec les Eglises du monde entier par l’intermédiaire du service des relations internationales de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF). J’y ai provisoirement renoncé faute de savoir maitriser les techniques de l’infographie.

Mais cela tient aussi à la complexité de ces relations.

Suivez moi bien !

 

L’EPUdF est membre – je vais, ci-dessous, du plus proche au plus lointain – de la Conférence des Eglises protestantes des pays latins en Europe (CEPPLE[i]).

Toutes les Eglises membres de la CEPPLE, dont l’EPUdF, sont membres de la Communion des Eglises protestantes en Europe (CEPE[ii]), mais la CEPPLE n’est pas membre de la CEPE.

Toutes les Eglises membres de la CEPE, dont l’EPUdF, sont membres de la Conférence des Eglises Européennes (KEK[iii]) mais la CEPE n’est pas membre de la KEK.

Toutes les Eglises membres de la CEPE sont aussi membres de la Communion Mondiale d’Eglises Réformées (CMER[iv]) ou de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM[v]) ; l’EPUdF étant une Eglise Unie est membres des deux.

Toutes les Eglises membres de la KEK, dont l’EPUdF, sont membres du Conseil Œcuménique des Eglises (COE[vi]) dont la KEK est considérée par le COE comme une organisation régionale pour l’Europe.

Mais il ne s’agit pas d’un fonctionnement en ‘poupées russes’, chacune représentant le niveau inférieur vis à vis du niveau supérieur. L’EPUdF est simultanément membre de ces organisations, semi régionale, régionale et internationale, la première (CEPPLE) pour des raisons de proximités confessionnelles, idéologiques et géographiques (Eglises protestantes minoritaires du sud de l’Europe !!), la seconde (CEPE), la troisième (CEMR) et la quatrième (FLM) pour des raisons purement confessionnelles (Eglises protestantes), la cinquième (KEK) et la sixième (COE) pour des raisons œcuméniques en Europe et dans le monde.

 

Mais l’EPUdF est simultanément membre de la Fédération protestante de France (FPF[vii]) qui est membre associé du COE.

La FPF est membre du Conseil des Eglises Chrétiennes en France (CECEF[viii]) et du Conseil des responsables de cultes de France (CRCF[ix]). Elle participe aussi au Forum Chrétien Mondial (GCF[x])

Enfin ( ?), l’EPUdF est membre de la Communauté d’Eglises en Mission (CEVAA[xi])

 

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette profusion de relations au sein de l’Eglise universelle. Dans sa Déclaration de foi, l’EPUdF affirme : L’Église protestante unie de France se comprend comme l’un des visages de l’Église universelle. Les relations qu’elle entretient, les organisations auxquelles elle appartient, permettent à ses membres de se faire une meilleure idée de cette Eglise universelle, d’en découvrir d’autres visages.
Toutefois, chacun voit bien tant la richesse que la difficulté d’une telle affirmation. Est-il possible au fidèle de « base » de recevoir quelque chose de ces relations, d’en vivre quelque chose ? Ce sont les responsables de notre Eglise, les délégués aux rencontres de ces différents organismes et le service ad-hoc de l’EPUdF  qui ont pour responsabilité d’enrichir la réflexion et la vie de l’Eglise de tout ce qu’apporte cet écheveau de relations, par « ruissellement ».  Peut-être devrions-nous explorer d’autres voies ?

D’autant plus que notre parole d’Eglise n’a de chance de porter, sur des sujets aussi importants que l’Europe, l’écologie ou les migrations, que dans un cadre plus large que lui offre ses relations internationales. Encore faudrait-il qu’elles soient partagées.

Jean-Arnold de Clermont

Mai 2019

[i] La CEPPLE fut fondée le 1er février 1950 ; son but principal était la solidarité avec les églises espagnoles confrontées à l’obstruction du pouvoir franquiste. C’est depuis une structure légère d’aide et de coordination entre des églises en situation de minorité.

[ii]La CEPE est la communion des églises protestantes en Europe : 94 églises luthériennes, méthodistes, réformées et unifiées de plus de trente pays d’Europe et d’Amérique du Sud en font partie. Avec cela, la CEPE représente environ 50 millions de protestants.  La CEPE existe grâce à l’Accord de Leuenberg de 1973. Elle concluait ainsi: il est permis aux églises d’être différentes parce qu’elles font appel à l’Évangile comme base commune. Cela a l’air simple, mais a des conséquences d’une grande portée: depuis lors, un ministre luthérien peut prêcher à partir d’une chaire réformée ou un ministre français diriger une congrégation en Allemagne.  La CEPE (jusqu’en 2003, «Communauté d’églises de Leuenberg») a une structure claire. Environ tous les six ans, une assemblée générale décide des grandes lignes de son travail. Entre les assemblées générales, le Conseil composé de 13 membres, présidé par un présidium composé de 3 membres, dirige les travaux, qui sont coordonnés par le bureau de Vienne.

 

[iii] La KEK – Conférence des Eglises Européennes : « Nous sommes une communauté réunissant 114 églises de traditions orthodoxes, protestantes et anglicanes de toute l’Europe pour un dialogue, un plaidoyer et une action commune.  Ensemble, nous renforçons notre témoignage commun, agissons au service de l’Europe et du monde, promouvons la paix et œuvrons pour l’unité de l’Église. »

[iv] CMER :

  1. Depuis l’Assemblée générale de l’unification, en 2010, la Communion mondiale d’Églises réformées (230) a pris la suite du Conseil œcuménique réformé ainsi que de l’Alliance réformée mondiale et de ses organisations antérieures, en tant qu’organisme œcuménique uni pour les Églises réformées.

La Communion mondiale d’Églises réformées est appelée à manifester et à vivre l’unité en Christ que nous professons, à exercer son ministère de façon à permettre à toutes ses Églises membres de partager les dons qu’elles ont reçus, et de manifester respect et consécration envers le projet salvateur de Dieu pour le bien de tous et pour la transformation du monde…

  1. La Communion mondiale d’Églises réformées, dans son organisation et par ses actions, est appelée à respecter, défendre et fortifier la dignité de toute personne…
  2. La Communion mondiale d’Églises réformées adhère aux promesses de l’alliance de Dieu pour la rédemption, la restauration et le renouveau de toute la création par Jésus Christ…

(Extraits de la constitution de la CMER).

 

[v] FLM : Les Eglises membres (148) de la FLM confessent le Dieu Trinitaire et proclament la Parole de Dieu. Nous sommes unis dans la communion de chaire et d’autel.Notre identité en tant que luthériens est enracinée dans la Bible et dans notre histoire. Les contextes de nos églises membres continuent de façonner notre foi, notre théologie et notre compréhension de la mission de Dieu.  Être luthérien, c’est être  Évangélique, Sacramentel, Diaconal, Confessant, et Œcuménique. Bien que les convictions centrales de la tradition luthérienne ne soient pas uniquement les nôtres, ses modèles et ses accents distinctifs façonnent la manière dont nous répondons aux défis et aux questions auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. (Site de la FLM)

[vi] COE : Le Conseil œcuménique des Églises est une communauté fraternelle d’Églises (350) qui confessent le Seigneur Jésus Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s’efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.
Cette communauté d’Églises est sur la voie de l’unité visible en une seule foi et une seule communauté eucharistique, exprimée dans le culte et la vie commune en Christ. Elle s’efforce de progresser vers cette unité, tout comme Jésus a prié pour ses disciples, “afin que le monde croie” (Jean 17,21).

[vii] FPF : Fondée en 1905, la Fédération protestante de France rassemble, en 2012, plus d’une trentaine d’unions d’Eglises, et plus 80 associations, représentant environ 500 Communautés, Institutions, Œuvres et Mouvements pour un témoignage commun.

 

[viii] CECEF : Le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) est composé de délégations des Églises catholique, protestantes, orthodoxes et arménienne apostolique. Sa mission est de faciliter la réflexion et éventuellement des initiatives communes dans trois domaines : la présence chrétienne dans la société, le service et le témoignage. Le CECEF est co-présidé par les présidents des trois premières délégations.

 

[ix] La Conférence des responsables de culte en France (CRCF) a été créée le 23 novembre 2010. Elle regroupe six instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholiqueorthodoxe et protestante), de l’Islam et du Judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté des responsables de culte en France d’approfondir leur connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de la société française dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme fondement de la République.

 

[x] Global Christian Forum : Il a pour objectif de créer un espace ouvert où les représentants d’un grand éventail d’Eglises et d’organisations chrétiennes qui confessent le Dieu trinitaire et Jésus-Christ parfait Dieu et parfait homme, peuvent se rassembler pour promouvoir le respect mutuel et pour étudier et aborder ensemble des défis communs.

 

[xi] CEVAA : Communauté d’Eglises en mission (voir notre chronique d’avril)

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